Tableau de dosage de la bouillie bordelaise et calculateur par litre

Vous avez la boîte dans une main, le pulvérisateur dans l’autre, et une notice qui parle en grammes par mètre carré alors que votre appareil se compte en litres. C’est le moment où la plupart des gens versent au jugé, et où le traitement est soit inutile, soit trop chargé en cuivre.
Sur pomme de terre, la dose autorisée est de 2,5 g de poudre par mètre carré. Sur tomate, 2 g par mètre carré. Sur cerisier, pêcher et abricotier, elle change d’unité : 12,5 g par litre de bouillie. C’est le premier piège du produit, et presque personne ne le signale.
Combien de poudre pour votre pulvérisateur ?
Le calculateur ci-dessous prend la dose écrite sur votre emballage et la contenance de votre pulvérisateur, et vous dit combien de grammes mettre dedans. Le simulateur gère les deux unités, les grammes par litre et les grammes par mètre carré, et il vous donne aussi l’équivalent en cuillères à soupe quand vous n’avez pas le doseur. Il traite en plus le savon noir et les purins.
Dosage des traitements du jardin
Vous donnez la dose écrite sur votre emballage et la taille de votre pulvérisateur, l'outil vous dit quoi mettre dedans.
1. Le produit
2. La dose
en grammes par litre d'eau
3. Ce que vous allez remplir
Comment ce chiffre est obtenu
Quelles sont les doses par culture ?
Le tableau ci-dessous reprend les doses d’un produit précis : la Bouillie bordelaise RSR Disperss Jardin, autorisation de mise sur le marché n° 2150087, à 20 % de cuivre, portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Elles sont publiées par l’ANSES dans la base e-phy.
| Culture | Contre | Dose autorisée |
|---|---|---|
| Pomme de terre | mildiou | 2,5 g par m² |
| Tomate, aubergine | mildiou | 2 g par m² |
| Fraisier | maladies du feuillage | 1,25 g par m² |
| Chou | maladies du feuillage | 1,25 g par m² |
| Vigne | mildiou | 0,375 g par m², 2 applications par an |
| Cerisier | maladies du feuillage | 12,5 g par litre |
| Pêcher, abricotier | cloque, maladies du feuillage | 6,25 à 12,5 g par litre |
Toutes ces utilisations imposent de laisser une zone non traitée de 5 mètres le long des zones non cultivées voisines, pour protéger les plantes non visées.
Pourquoi la dose change-t-elle d’unité selon la plante ?
Parce que la logique du traitement n’est pas la même. Sur une culture basse et couvrante, une planche de pommes de terre par exemple, ce qui compte est la quantité de cuivre déposée sur une surface. On raisonne donc en grammes par mètre carré, et le volume d’eau ne sert qu’à répartir la poudre : mettre plus d’eau ne dilue pas le traitement, cela mouille simplement mieux.
Sur un arbre, la surface au sol ne veut rien dire, un cerisier de six mètres n’occupe pas six mètres carrés de feuillage. On raisonne alors en concentration de la bouillie, en grammes par litre, et on pulvérise jusqu’à mouiller entièrement l’arbre sans faire ruisseler.
Quelle quantité pour 1, 5 ou 10 litres d’eau ?
| Concentration | 1 litre | 5 litres | 10 litres |
|---|---|---|---|
| 10 g/L | 10 g | 50 g | 100 g |
| 12,5 g/L, arbres fruitiers | 12,5 g | 62,5 g | 125 g |
| 20 g/L, dose forte de traitement d’hiver | 20 g | 100 g | 200 g |
Une cuillère à soupe rase de poudre pèse à peu près 12 g, mais cela dépend de la finesse du produit et du geste. Le doseur fourni dans la boîte reste plus fiable, et une petite balance de cuisine encore davantage.
La dose de votre boîte prime-t-elle sur ce tableau ?
Oui, toujours. Les bouillies bordelaises du commerce n’ont pas toutes la même teneur en cuivre, et chaque produit a sa propre autorisation avec ses propres doses. Le tableau ci-dessus vaut pour le produit nommé plus haut. Sur une autre marque, les chiffres peuvent différer, et c’est l’étiquette qui fait foi, jamais un tableau trouvé en ligne, y compris celui-ci.
Pourquoi le cuivre pose-t-il problème ?
La bouillie bordelaise est autorisée en agriculture biologique, ce qui lui donne une réputation d’innocuité qu’elle ne mérite pas tout à fait. Le cuivre ne se dégrade pas. Il ne se transforme pas, il ne s’évapore pas, il reste dans le sol et s’y accumule d’année en année. À forte dose, il devient toxique pour les vers de terre et pour l’ensemble de la vie du sol.
C’est la raison des limites d’apport annuel qui figurent sur les autorisations, exprimées en kilos de cuivre par hectare et par an, toutes sources confondues. Trois conséquences pratiques : ne traitez pas « au cas où », respectez le nombre d’applications autorisé, et ne compensez jamais une pluie par une double dose.
Quand faut-il traiter ?
- Par temps sec et sans vent, le matin ou en fin de journée.
- Jamais sur une plante en fleur, pour épargner les pollinisateurs.
- Pas avant une pluie annoncée dans les heures qui suivent : le produit serait lessivé et vous seriez tenté de recommencer.
- En préventif, avant l’apparition des symptômes. Le cuivre bloque la germination des spores, il ne soigne pas une feuille déjà atteinte.
- En respectant le délai avant récolte indiqué sur l’emballage.
Le traitement d’hiver est-il le même ?
Non. Sur arbre fruitier au repos, sans feuilles, on utilise une concentration plus forte parce qu’il n’y a pas de feuillage à brûler et que l’objectif est d’assainir l’écorce et les bourgeons. Sur un arbre en végétation, la même dose brûlerait les feuilles. C’est pourquoi une boîte donne souvent deux doses : une pour la période de repos, une pour la période de végétation.
Questions fréquentes
Quel dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau ?
Cela dépend de votre produit et de la culture. Pour un arbre fruitier avec une bouillie à 20 % de cuivre, la dose de référence est de 12,5 g par litre. Sur pomme de terre ou tomate, la dose n’est pas donnée au litre mais au mètre carré : 2,5 et 2 g par m².
Quel dosage pour 5 litres d’eau ?
62,5 g de poudre pour une dose à 12,5 g par litre, 50 g pour une dose à 10 g par litre. Vérifiez la concentration indiquée sur votre boîte avant de multiplier.
Quelle dose pour les tomates ?
2 g par mètre carré de culture. Pour dix pieds occupant environ 4 m², cela fait 8 g de poudre, à diluer dans le volume d’eau qui vous permet de bien mouiller le feuillage, en général deux à trois litres.
Quelle dose pour les arbres fruitiers ?
12,5 g par litre de bouillie sur cerisier, 6,25 à 12,5 g par litre sur pêcher et abricotier. On pulvérise jusqu’à mouiller l’arbre entier sans ruissellement.
Comment bien utiliser la bouillie bordelaise ?
En préventif, par temps sec et sans vent, hors floraison, en respectant la dose et le nombre d’applications de l’étiquette. Diluez la poudre dans un peu d’eau tiède avant de compléter le pulvérisateur, sinon elle forme des grumeaux qui bouchent la buse.
Combien de temps la bouillie se conserve-t-elle une fois préparée ?
Elle se prépare pour la journée. Une bouillie qui a passé la nuit dans le pulvérisateur sédimente, perd de son efficacité et bouche l’appareil. Rincez toujours le pulvérisateur après usage.
Peut-on mélanger la bouillie bordelaise avec du savon noir ?
Oui, une cuillère à café de savon noir par litre sert de mouillant et améliore l’adhérence sur les feuilles cirées. En revanche, ne mélangez jamais une bouillie avec un produit acide comme du vinaigre : le cuivre et l’acidité ne font pas bon ménage et le mélange perd son intérêt.
D’où viennent ces chiffres ?
- Doses par culture : ANSES, base e-phy, Bouillie bordelaise RSR Disperss Jardin, AMM n° 2150087, produit à 20 % de cuivre avec mention emploi autorisé dans les jardins.
- Zone non traitée de 5 mètres : mentions portées sur cette même autorisation.
- Limites d’apport en cuivre : conditions d’emploi des produits à base de cuivre.


